( 13 septembre, 2016 )

Entre rêve et réalité, cette histoire bizarre

Tout commença par un coup de fil. Une voix sûre d’elle, ferme et grave, une voix d’homme mûr.

Un premier échange face à face eut lieu. Tu étais sérieux, je l’étais aussi, nous parlâmes de banalités.

Je revins te voir une autre fois, et comme ce sérieux impénétrable m’agaçait, je décidais de te heurter. J’allai au plus simple, pour qu’un homme remarque une femme, et choisis une tenue explicite.

Ton regard se fit immédiatement différent. Je ne te sentis pas excité, mais plutôt intrigué. C’est ça. Tout à coup, tu ne me vis plus comme la personne d’une simple fonction que j’étais, tu me vis comme une femme intrigante…

Nous avons alors commencé à avoir de vraies conversations, personnelles, très personnelles, le fait que nos vies ne se mélangent à aucun moment nous permettait de tout dire sans pudeur et sans filtre.

A chaque nouvelle rencontre, mon corps se mettait en alerte, tu avais quelques chose d’hypnotique, une aura qui m’attirait comme un aimant. Aujourd’hui encore…

Aujourd’hui encore, je ne me sens jamais rassasiée de ta présence.

Je pense que cette attirance sans nom, volontairement, pour ne pas qu’elle devienne commune et comparable aurait peut-être pu s’atténuer si je n’avais senti sa réciprocité. Et je me suis laissée aller, j’ai couru.

Après plusieurs essais (et pour romancer cette histoire),

il fallut bien nourrir cette envie de marcher ensemble, cette force magnétique.

Etant chacun conscient de nos fragilités, de nos expériences décevantes en matière de couple, des attentes malmenées, sans mots, l’évidence d’être un couple ne vint pas. L’idée de n’être que de simples amis, non plus. Ce qui nous lie est ailleurs.

J’avais envie d’apprendre de toi, de me construire à tes cotés, sans te posséder ou dépendre de toi.

Nous avons quelques chose de magique, de complémentaire dans nos façons d’aborder la vie, les autres.

Dans des sujets où je pense tout savoir et être arrêtée dans une position, tu me bouscules et tout est remis en question, ma réflexion est repoussée plus loin.

Tu me fais me surpasser. A d’autres moments, tu deviens un étrange miroir dans lequel je me découvre clairement. Ça a quelque chose d’effrayant, de rassurant, et, encore une fois, une marche est grimpée dans mon analyse générale.

La solution pour nourrir cet étrange feu, et l’apaiser par la même occasion contradictoire, fut un projet, un projet que tu avais depuis longtemps, et qui comme un fou hasard, réunit toutes ces pièces manquantes à cette période.

Cette collaboration, c’est aujourd’hui, depuis 6 mois.

Tu es le même qu’hier, mais comme à chaque grande histoire, je m’étais préparée à la routine étouffante… et ça n’arrive pas, jamais. Tu n’es jamais décevant. Ma pire description de l’autre serait l’ennui. Pas un seul moment tu ne l’es. Je sais que, ma main dans la tienne, je ne suis jamais éteinte. Je ne dis pas que tout est parfait, je dis que tu es parfait. Tu es parfait mais tes humeurs, tes réactions ne le sont pas. Elles sont parfois tellement intenses et inattendues qu’elles me laissent en éveil constant. Bouche bée. Active et passive, je rame pour m’adapter à ton tempérament de feu, à tes souhaits selon tes humeurs. Ça demande une énergie folle, la léthargie cérébrale n’a pas sa place pour faire partie de ton tout.

Parfois, après un état de colère intense, vient l’état de malaise.

Je sens que tu voudrais presque t’excuser mais par fierté, ou par incapacité peut-être, tu ne le fais jamais. Alors s’ensuivent des jours au cours desquels nous ramons entre banalité, mots gentils ou mesquins. Nous sommes de la même race et nous nous tournons autour un moment avant de renouer.

Ces tempêtes sont rares et font parties de notre complémentarité, avoir quelqu’un avec qui on peut se permettre.

L’autre doit savoir encaisser sans broncher, ça fait partie du jeu.

Comme nous ne serions pas d’accord sur un sujet, nous ne sommes pas d’accord sur le comportement de l’autre, s’ensuit un débat de corps sans contact, d’esprit sans parole.

Et un jour, la reconnexion se fait, et nous repartons sur la route de l’alchimie sans égale, l’évidence de notre drôle de rencontre refait surface et le bonheur se lit sur nos êtres.

Peu importe la météo de nos rapports, il en fait toujours une, ça n’est jamais rien.

« Rien » n’existe pas dans notre bulle, je pourrais parler du fil tendu qui nous lie inlassablement et différemment chaque jours, comme on parle du temps qu’il fait, il y a toujours quelque chose à en dire.

Tu es d’une force incroyable, je ne te connais pas d’égal. Tu ne craques jamais, même quand, quelques fois, je t’aperçois baisser la garde, c’est toujours avec prudence, rien ne t’atteint dans tes fondations.

Tu es un jongleur, un jongleur des mots, un jongleur des humeurs de l’autre.

Prends-tu parfois le temps d’admirer les visages qui te fixent chaque matin ? Prends-tu le temps de mesurer comme tu peux changer l’état d’esprit d’un individu en quelques minutes ?

Moi, de mon coin, j’épie l’escalier des expressions sur les autres qui ne te lâchent pas du regard…

Tu es un si grand jongleur que tu arrives même à jongler avec mon cœur, mais le geste est aussi fiable que la personne, et jamais tu ne le laisses tomber.

1 Commentaire à “ Entre rêve et réalité, cette histoire bizarre ” »

  1. Olivier dit :

    ….. C est beau et flippant à la fois

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