( 17 septembre, 2014 )

Week-end parisien !

taxis_parisiens

C’est tellement drôle cette façon qu’ont les gens de dire « Je vais à Paris » alors qu’ils vont à une heure de Paris !

Là, bah, ce fût le cas. J’ai passé une nuit à Saint-Denis et une nuit à Mallery.

Une soirée mémorable que la deuxième. J’étais invitée pour une fête en petit comité, c’est à dire une dizaine de personnes. Les cheveux fraîchement coupés, un bon ravalement de façade (merci le maquillage) et une tenue qui ne mérite aucun commentaire. Je trouve la porte, le digicode et j’appelle Pépé, qui, malheureusement pour moi, n’entend rien… Bon je poireaute… (bizarre comme mot, du coup je m’imagine en poireau !)

Ha ! Enfin, il entend et me balance « 6ème !!! » Merde, j’ai d’immenses talons aiguilles… Bon, j’étais fraîche et pimpante, j’arrive rouge, suante et essoufflée, sympa…

Salut tout le monde ! La dizaine de potes s’est transformée en vingtaine d’inconnus, fois deux égale 40 bises… Adieu fond de teint !

Après le tour de bises, vient le traditionnel creux de la vague. Que fais-je ? Où me mets-je ? (dans ma famille, on répond la phrase du grand-père, « mets-je toi là et ferme ta gueule ! »)  Je me chope un tabouret, une bière et allume une Philip Moris pour me donner de la contenance. Je papote avec mon voisin, un beau blond aux yeux bleus (depuis quand j’aime les blonds ???). Il est déjà saoul, je ne prend donc pas de pincette pour le demander :  » Tu fais quoi dans la vie A PART ton boulot ? » Il me regarde, ses beaux yeux ont disparus, d’un coup je ne vois plus que sa connerie, il me dit : « Je suis fan de série TV ! » Oh non !!!  Au secours,  je me casse ! D’abord parce que je n’y connais rien, ensuite parce que… je n’y connais rien ! Le voilà qui se lève et me suit… L’ivresse lui donne des ailes, il propose de m’initier aux séries, beurk ! Deuxième au secours, je retrouve enfin un garçon que je connais, lui glisse un « sauve moi », il m’attrape par la taille et, ouf !, beau blond se tire…

- Alors quoi de neuf Lucile ?

- Mes cheveux ?

- Ha ouais, c’est cool !

Deuxième bière, direction toilettes. J’ouvre la porte, je gène ce petit couple qui m’avait l’air tout sage et que je découvre acteurs pornos… Beurk ! M’en fiche, je suis pressée, alors j’entre quand même et m’asseois tranquillement sur le trône ! Ils sont plus mal à l’aise que moi on dirait… Ils se rhabillent, essaient de retrouver un peu de contenance… Moi, je libère ma vessie, eux s’enfuient. Je suis fière de mon action, je pouffe toute seule.

Bière numéro trois accompagnée d’Olivier, ingénieur en je n’sais quoi, brun, grand et fan pratiquant de natation, bref le tiercé gagnant ! Je l’aborde et l’entraîne sur une discussion bateau (honte à moi) : « Tu connais qui ici ? D’où ? Quand ? Comment ? » Le temps passe, un bon feeling entre nous, encore de la bière, un peu de danse et ça y est je suis saoule et saoulée de tout ce monde, je décide de rentrer et de câliner Olivier qui m’a l’air d’un bon coup pour la nuit… Il est ok, chouette !

On appelle un taxi. Le taxi arrive, une fille est déjà dedans mais apparemment on va au même endroit. Olive devant, moi derrière avec cette fille qui a le regard vide, je lui souris, pas de réaction… C’est louche… Bon, Olive papote voiture avec le chauffeur et je me dis qu’il y a un truc bizarre quand je vois dans le coin de mon œil sa jambe trembler… Je regarde franchement ce qu’elle fout, ha bah, non heu… les gars on s’arrête là, il y a un problème ! En fait c’est tout son corps qui tremble !!! Le chauffeur jette un œil et s’arrête direct en warning sur le bord de la route. Je saute de la voiture, bah oui, j’ai juste envie de fuir ! PLS, elle tremble toujours, le chauffeur essaye d’assurer les premiers secours, on flippe grave tous les trois mais Olivier est toujours à sa place, et quoi ??? Il chiale ! Bonjour le courage ! Taximan appelle les pompiers. Mais c’est quoi ce bordel !!! Moi je voulais juste rentrer et coucher avec monsieur pignouf, putain !!! Et non, je me retrouve là, dans le froid, en pleine nuit, Olive qui chiale vraiment en disant « C’est pas moi, j’ai rien fait… » Parce que oui, là, elle bouge plus, aucun signe de vie. Mais ta gueule pleurnichard !!! Mais merde, elle va nous clamser dans les bras cette conne !

Bon, moi aussi je panique et j’ai envie de chialer… Ouf, les pompiers débarquent et la prennent en charge, nous avons le droit à un tas de questions sur ce qu’il s’est passé mais on n’en sait rien ! Lâchez nous!

Ça y est, on peut repartir sauf que moi, j’ai plus envie de ce mec dans mon pieu, on dirait un enfant terrorisé ! Je lui suggère de remettre notre nuit à plus tard parce que c’est bizarre là. Il me regarde, l’air suppliant, et me lâche, « J’ai pas envie de dormir tout seul, j’ai peur… » Et merde de merde, manquait plus que ça ! j’arriverai pas à dire non mais je vois d’ici le garçon à rassurer, à materner, tout ce que je hais! grrrrr….

Allez mon chou, on descend du taxi, non sans avoir claqué la bise au chauffeur. On marche et je me demande comment me débarrasser de lui… Je prend quand même la direction de l’appart’ que ma cousine me prête. Marcher nous fait du bien… J’en profite pour lui demander pourquoi il a pleuré ? Il me répond qu’il est très sensible, que la mort lui fait peur et que ça le saoule d’être si ridicule dans certaines situations alors qu’il en maîtrise parfaitement d’autres… (gros sous-entendu… hummhummm) Je ne sais plus quoi penser de lui ? Il ajoute qu’il est à fleur de peau en ce moment, la crise de la trentaine… gningningnin… Je décroche et pars dans mes pensées… et si je le semais ? Et pourquoi j’ai pas plutôt embarqué ce beau roux aux yeux bleus qui me faisait du charme ? Ou pourquoi je suis pas rentrée seule pour une fois ? C’est vrai que je devine le corps de rêve d’Olivier, mais est-ce suffisant ?…

Et puis, mais ! il est ou ce con ? Je me retourne, rien ! Mais c’est quoi cette soirée là ! Putain je me tire ! Rhoooo mais non je suis curieuse, il est où ? Je fais demi-tour et je me rends compte qu’il est très tard, que je ne suis pas dans une banlieue calme et que je suis seule… brrr je flippe… HAAAAAA !!!!!!! Une main m’attrape le bras, me tire sous un porche ! Au secours !!! mummmmmm ! Sa main se colle sur ma bouche et tout mon corps est pressé contre le mur. A ce moment, son front contre le mien, je reconnais l’odeur d’Olivier, je ne vois rien, mais sa voie chaude confirme mon idée. « Certes, il m’arrive de pleurer, je vois dans tes yeux que tu m’as déjà catalogué comme tel mais sache, ma belle, que tu vas me trouver autre chose comme qualité ! » Oups ! j’ai rien dit, rien pensé, j’hésitais entre avoir peur ou envie… On était là, dans le noir, le souffle chaud… Sa main toujours sur ma bouche, son corps taillé contre le mien (pas taillé du tout !) et oui il a du sentir que j’étais ok… et je l’étais.

(Le détail dans article X)

30 minutes plus tard, je me rhabillai après qu’il se soit écarté de moi. J’étais pleine d’endorphine et maintenant je voulais bien un câlin, je l’ai vu dans la lumière de la rue où il était retourné. Il a lancé un « A bientôt p’tite salope » et il est parti ! Héééé reviens ! Merde j’ai encore les seins à l’air… Je reboutonne tout ça et ne le vois plus… Il se prend pour qui ??? Non mais oh, c’est quoi ce mec, faut que j’appelle pépé demain… Rhoooo je rentre contrariée du coup, il a gâché tout le plaisir qu’il m’a donné ! En me déshabillant, je découvre sa carte de visite dans ma poche… mouais… on verra demain… C’est vrai qu’il a une très bonne connaissance du corps féminin et encore ça n’était que des préliminaires… Je dors…

Je ne me suis pas couchée ivre, pourtant, en ouvrant les yeux, j’ai comme une gueule de bois, j’essaye de refaire la soirée, une folle soirée! Je sors du lit, me prend les pieds dans le tapis, et me retrouve le nez au sol contre ce ptit bout de papier : « si tu veux aller plus loin, appel moi 0663006671″

Tout en préparant mon café, je me dis que je rentre à lyon ce soir, que je n’ai rien de prévu et qui, peut-être, je pourrais l’appeler…

Bip bip texto » bonjour, la jeune fille d’hier soir est sauvée, abus de drogue. » bon, c’est déjà ça de bon dans cette nouvelle journée!

Bip bip texto « salut, c’est pépé, tu es bien rentrée? Gaspar, le mec roux, me demande ton numéro, c’est ok? »

heu… bah oui hein, faut pas perdre d’occasion d’élargir ses connaissances…

Direction la douche pour avoir les idées claires…et…. surprises! feu rouge! le choix s’impose pour mon rencard du jour, ce sera Gaspar et pas de sexe!

Je sors, laisse les clés dans la boite aux lettres, gâche mes jolies frusques avec mon sac à dos et choisit de me rendre à la tour Eiffel pour alimenter mon facebook en photo. Pas envie de taxi aujourd’hui… donc RER et métro m’emmèneront! Il est dix heure, je regarde le paysage défilé. Une bande de trentenaires entre dans la ram, visiblement éméchée et en fin de nuit blanche. Ils envahissent la moitier du wagon.Lun d’entre eux sort une guitare, pendant que les autres se mettent à chanter du Aznazour…Ils respirent l’amitié et le bonheur, j’voudrais bien me joindre à eux, mais je sens qu’ils sont tellement en osmose, que les les autres n’exite pas pour eux en cet instant.Il font du bien à regarder…

Je descend à concorde pour marcher un peu…

bipbip texto:  » Salut, c’est Gaspar, je t’ai aperçu hier, je suis disponible aujourd’hui, ça te dit de passer un moment dans un coin de paradis? »  » donne moi l’adresse, j’arrive! »

Que c’est bon cette liberté!Pas de temoin, être inconnu dans une ville, faire ce qu’il me vient, sans réfléchir…

Je pense quand même à Olivier alors je lui envoie: « Je ne te définie pas comme un pleurnichard, pas non plus comme un super coup, je te défini comme bizarre! »

bip bip texto  » 14, montée des carmélites, Paris »

Je cède à la facilité du taxi, tant pis pour les photos! Assise confortablement dans cette belle voiture, j’écoute cette chanson qui passe à la radio:

Je suis casse couille, parait-il?

moi, ce que je veux, c’est partager ma couche,

Tu me trouve peut-être futile,

Moi, ce que j’aime, c’est manger ta bouche,

Alors quand tu me dis que tu viens pas,

C’est sûr, je perd la raison,

Quand tu m’dis que tu veux pas,

C’est évident, j’pète les plombs!

L’amour, ça te va bien,

Moi, c’est la passion qui m’envahie,

Amoureux est un mot qui ne vaut rien?

Pourtant, c’est ce que je vis!

Alors, casse couille, c’est probable,

Mais ne te plait-il pasd’être tant désiré?

Et quand c’est toi qui pète un cable,

Que fais-je d’autre que te rassurer?

Etre un couple, c’est difficile,

Mais encore pire, vivre une idylle!

 

Trente minutes plus tard, j’y suis, je crois bien que c’est chez lui…Mais ça n’a rien d’un paradis. Une façade grisâtre qui s’éffrite,; une vieille porte en fer et pas de sonnette!C’est le seul bâtiment de la rue n’ayant qu’un étage.Je frappe…la porte s’ouvre. Je le reconnais tout de suite. Des cheveux pas si roux, de magnifiques yeux bleu. Il porte une chemise assortie à ses yeux, bien coupé. Un pantalon de lin beige, retroussé aux chevilles et les pieds nus, se tenant bien droit sur un sol en grand pierre plate comme dans les églises.

On se fait la bise avec un sourire amusé, il m’invite à entrer

 

1 Commentaire à “ Week-end parisien ! ” »

  1. j-loo dit :

    y’a du style, ca sent le vecu ! ;) (ou pas)
    continu lulu, tu tiens le bon bout … (je parle pas de celui d’olivier) ;) hihi
    simple, propre, interessant …

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